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III. Vers la maturité
Pour arriver jusque-là, il faut une maturité humaine et spirituelle. Nous avons besoin de domestiquer toutes ces forces qui sont en nous, notre sexualité. Nous sommes créés à l’image de Dieu, mais quel combat pour arriver à être adulte !
Quelques étapes :
1. La génitalité
Je réalise que le corps qui m’est donné peut être objet de plaisir et que la sexualité provoque le plaisir. Je vais d’abord connaître cette étape où je vais rechercher le plaisir : seul ou avec d’autres. Pour moi, pour le plaisir. Le plaisir est une chose bonne, elle est le signe d’une sexualité épanouie. Le plaisir a été créé par Dieu. Mais il ne doit pas être le moteur de ce qui me fait désirer.
Cette génitalité fait que j’ai des pulsions ! Avoir des pulsions pour telle ou telle caractéristique physique ou psychologique n’est pas une mauvaise chose en soi. Mais nous ne sommes pas à l’abri de déviations : par exemple, la masturbation.
2. Le besoin devient désir
Le besoin doit devenir désir ; désir de rencontrer quelqu’un. C’est une deuxième étape : rencontrer l’autre, différent.
Avec une déviation possible : tout ce qui a trait à l’homosexualité. L’Eglise et les commandements de Dieu nous font refuser l’homosexualité, tout en accueillant les personnes homosexuelles. En effet, personne ne se résume aux actes qu’il fait ni à sa sexualité. Les personnes homosexuelles ont leur place dans l’Eglise. C’est un problème difficile, toujours douloureux parce qu’on ne choisit pas ce qu’on est, on ne choisit pas toutes les composantes de notre être.
3. Le désir devient amour
Il ne suffit pas d’être amoureux ! Toute la difficulté est de savoir discerner ce qui est simplement sentiment et ce qui est amour profond engageant toute ma personne, avec mon corps, ma psychologie, mon cœur. Pour faire communion avec une personne, il faut avoir le désir profond de se donner, dans un don qui ne se rapporte pas à mes propres besoins mais qui se rapporte au bonheur de l’autre.
4. L’amour devient créativité
Ce qui demande au couple un renouvellement incessant. L’amour est toujours neuf. L’amour ne dit jamais « assez ! », il a toujours besoin d’être nourri. La nouveauté peut être, par exemple, l’arrivée d’un enfant, cette capacité fantastique que l’homme et la femme ont de donner la vie.
Dans toute alliance humaine, il reste toujours un sentiment d’incomplétude. La communion rêvée n’est jamais réalisée totalement, mais elle est en devenir. C’est l’espérance humaine qu’en Dieu nous deviendrons semblables à Lui. Sur terre, il reste toujours un arrière-goût de solitude, et c’est pour cela que l’amour devient créativité.
5. … vers le Sacré
Il n’est aucun amour conjugal qui ne soit, dans son exultation, élan vers l’infini. C’est-à-dire que tout amour humain doit être relativisé. L’amour des conjoints trouvera son épanouissement en Dieu, terme de l’Amour. Ce qui fait que les conjoints séparés par la mort demeurent unis dans un même esprit. La communion des saints permet à des êtres séparés d’être ensemble, même si c’est dans la souffrance, dans la douleur.
La sexualité est un dynamisme qui nous est offert pour aller vers Dieu. Les personnes consacrées dans la virginité sont là pour montrer aux époux que le but final ce n’est pas l’alliance humaine. L’incomplétude que vivent les époux est normale puisque c’est en Dieu seul que leur alliance trouvera sa vraie réalisation.
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Et puis, il y a tous ceux qui, sur le chemin de cette vie parfaite, vivent les séparations D’où la nécessité de bien préparer son mariage et de l’approfondir longtemps avant. Pour faire un prêtre, il faut six ans… Le temps est notre meilleur allié sur le chemin de notre liberté, de notre engagement.
Et, même bien préparé, il peut y avoir des accidents, il peut y avoir des étapes difficiles. Nous n’avons pas à juger. Les personnes divorcées ont leur place dans l’Eglise Elles sont les blessées sur la route de Jéricho. Le pardon de Dieu leur est donné et il faut les aider, les soutenir. Sauf dans le cas de nullité de mariage (c’est-à-dire lorsque toutes les conditions pour que ce mariage soit valide n’étaient pas réunies), l’Eglise ne peut permettre le remariage : en effet, l’alliance homme-femme étant à l’image de l’Alliance de Dieu avec les hommes, l’engagement dans l’amour ne peut être qu’un engagement définitif. Si l’Eglise acceptait le remariage, elle renierait la Révélation. Il n’y a pas de cas général ; chaque couple est unique, chaque aventure est personnelle.
D’où la nécessité d’approfondir sa dimension spirituelle pour parvenir à sa vraie dimension et pour arriver à continuer de vivre l’amour au travers de l’épreuve.
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