Enseignements

icone-christQui est Dieu ? Comment le connaître ? Est-il possible d'aimer pour toujours ? Pourquoi le mal ? Est-ce que toutes les religions se valent ? Que deviennent nos défunts ? Comment pardonner ? L'Eglise : est-elle nécessaire ? Est-ce qu'on peut changer le monde ?

Ce sont là quelques unes des grandes questions que se pose tout homme, tout chercheur de Dieu.

Au cours des retraites fondamentales, les enseignements veulent approfondir ces questions et aider chacun à entrer dans l'intelligence de la foi.

 

Offrir sa souffrance : l'exemple de Marthe Robin PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Père Patrick Sempère   
Index de l'article
Offrir sa souffrance : l'exemple de Marthe Robin
Que veut dire offrir sa souffrance ?
Comment offrir notre souffrance ?
Conclusion
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Que veut dire offrir sa souffrance ?

Si l'on entend par là qu'on peut offrir à Dieu, comme un cadeau, nos souffrances, cela ne va pas ! Ce qui défigure l'homme ne peut plaire à Dieu. Qu'elle image avons-nous de Dieu si nous croyons qu'il se réjouit du mal qui touche sa créature ?

Une autre expression « Dieu permet la souffrance » doit aussi être bien compris. Dieu ne permet pas la souffrance comme une concession, comme s'il laissait faire. Si Dieu permet la souffrance, c'est qu'il l'a pris lui-même à bras le corps. Le Christ s'est trouvé face au mal, jusqu'à en mourir. Voilà comment Dieu permet la souffrance : en la prenant sur lui, en en étant lui-même victime. Il ne reste pas extérieur à cette souffrance qu'il permet. Il s'y engage.

Ces deux remarques permettent de comprendre cette expression. « Offrir sa souffrance », c'est s'unir au Christ qui, effectivement, a offert sa souffrance au Père. Mais sur la croix, Jésus n'offre pas seulement sa souffrance. C'est toute sa personne qu'il remet entre les mains du Père. Saint Paul dira : « Je vous exhorte, mes frères, par la tendresse de Dieu, à lui offrir votre personne et votre vie en sacrifice saint, capable de plaire à Dieu » (Rom 12). Ainsi offerte comme don de soi, la souffrance devient lieu de l'amour. Elle devient même source de vie.

Marthe Robin n'a pas choisi de souffrir. Elle a choisi d'aimer le Seigneur, d'être en communion avec lui dans tout ce qu'il a vécu. Et comme la souffrance de Jésus sur la croix est la plus haute expression de son amour, elle choisit ce même chemin pour rejoindre son bien-aimé. « Ne nous créons pas nos souffrances. Mais quand elles se présentent, comme Jésus, comme Marie, portons les vaillamment. La souffrance prend la valeur que lui donne celui qui la porte. De grâce, ne souffrons pas pour rien. C'est trop triste ». Après 10 ans de lutte contre la maladie qui la ronge (une encéphalite), elle accepte, un lundi 3 décembre 1928, de s'abandonner totalement entre les mains de Dieu, jusqu'à être configuré au Christ en croix offrant sa vie pour la conversion des pécheurs. « Le sacré cœur de Jésus en croix est la demeure inviolable que j'ai choisie sur la terre » dit-elle.

La souffrance restera toujours un mal à combattre. Mais lorsqu'elle nous touche, il est possible de l'accueillir pour en faire, comme le Christ, un chemin d'amour du Père et des frères. C'est l'amour qui plaît à Dieu et non le sacrifice. C'est à la lumière de l'amour que la croix doit être regardé. Sinon, elle reste un scandale ou une folie.

Marthe est loin de cette conception de rachat que nous avons souvent pour expliquer le salut par la croix. Pour racheter l'offense infinie faite à Dieu par le péché des hommes, il fallait une douleur infinie, celle du Fils de Dieu. Pour faire miséricorde aux hommes, Dieu exigeait cette justice que seul son Fils pouvait lui rendre. Marthe prendra une tout autre orientation. Elle a des paroles éblouissantes sur l'amour qui lie à chaque instant, même sur la croix, les trois personnes divines. Si la justice du Père existe, elle n'est pas l'exigence de la souffrance de son Fils. Ni alors de la nôtre.